Les vases non-communicants

La dette de l’écrivain André Breton au psychanalyste Sigmund Freud est mesurable. Elle nous ait d’ailleurs donnée à voir dans l’article de Jean-Bertrand Pontalis – philosophe, écrivain et psychanalyste français -  Les vases non communicants, publié en 1978 dans le numéro 302 de La nouvelle Revue Française. 

Dans cet article, l’auteur montre que l’incompréhension entre psychanalyse et surréalisme tient moins du fait d’André Breton, malgré le peu d’estime qu’il il porte au médecin au vue de l’interview qu’il a écrit après leur rencontre dans Les pas perdus en 1922, que de l’impossibilité de créer une oeuvre intrinsèquement surréaliste.

Nous pouvons dire que la première approche d’André Breton avec le surréalisme remonte à sa propre confrontation à la psychanalyse lors de son affectation au centre neuropsychitarique de Saint-Dizier, où il découvre les travaux de Freud et les concepts clés de ses théories: la libre association, l’analyse des rêves. C’est au contact des soldats qu’André Breton éprouve la folie pour la première fois, et qu’elle devient leitmotiv de sa future production surréaliste.

C’est aussi l’occasion de vous présenter l’exposition qui a eu lieu sur André Breton 15 décembre 2000 au 25 janvier 2001 au centre neuropsychiatrique de Saint-Dizier et le site qui en résulte. On y retrouve notamment l’article de Jean-Bertrand Pontalis, mais aussi le poème qu’il écrivit à Saint-Dizier, à l’origine de l’exposition. Le site de l’exposition retrace très bien l’origine et le contexte de création de l’exposition, ainsi que ses tenants et aboutissants, comme par exemple la naissance d’un nouvel urbanisme à Saint-Dizier.

Coralie

L’influence du surréalisme sur la psychanalyse

Depuis quelques années, beaucoup d’outils numériques ont été créés et mis en place dans le but d’un élargissement du savoir scientifique et des publications au grand public, notamment à travers la numérisation de textes papiers pour permettre une visibilité sur internet et une accessibilité facilitée pour les utilisateurs. C’est dans ce cadre que l’interface GoogleBooks nous est apparue particulièrement intéressante : mis en place en 2004 par Google, GoogleBooks compile un panel considérable d’ouvrages, en consultation libre pour certains voire même en téléchargement lorsque ceux-ci sont libres de droit. L’utilisateur peut aussi se constituer sa propre bibliothèque, et tout cela sans quitter son bureau. C’est tout un nouveau champs de possibilités qui s’offre désormais aux chercheurs, d’une part, qui peuvent maintenant s’offrir une visibilité certaine sur internet, mais aussi pour les étudiants, dont les recherches ne dépendent plus seulement des supports papiers et des bibliothèques, tout comme pour le plus large public qui a aussi accès à ces informations.

C’est ainsi que nos recherches nous ont mené jusqu’à l’ouvrage de Paolo Scopelliti, L’influence du surréalisme sur la psychanalyse (Paris, Ed. L’âge d’Homme, 2002). Publication des Cahiers Mélusine, issus du Centre de Recherche sur le Surréalisme de Paris III Sorbonne-Nouvelle que nous avons dans un article précédent, cet ouvrage se trouve être en libre accès sur GoogleBooks. Dans cet ouvrage, Paolo Scopelliti revient sur les conditions de naissance du surréalisme, et comment, par une mutuelle interpénétration, le surréalisme et la psychanalyse ont su s’inspirer et se modeler l’une l’autre.

En plus d’offrir une accessibilité facilité à cette publication scientifique, la numérisation des ouvrages textes par l’interface GoogleBooks permet à l’utilisateur d’effectuer une recherche plein-texte, c’est-à-dire de rechercher un mot ou une expression particulière dans l’ouvrage et d’en ressortir la pertinence : le travail des utilisateurs s’en trouve abrégé, puisqu’il permet de trouver plus rapidement les éléments potentiellement intéressants pour lui. Par ailleurs, un accès direct par chapitres est aussi disponible dans les outils de l’interface. Il faut cependant souligner que certaines numérisations ne sont disponibles que partiellement. En effet, et c’est le cas pour notre ouvrage, certaines pages ou sections manquent. Malgré ce détail – non négligeable certes – GoogleBooks permet une avancée majeure pour les humanités numériques.

Coralie

Mélusine

L’université de Paris III Sorbonne-Nouvelle est à l’origine d’un Centre de Recherches sur le Surréalisme. Créé en 1971 et dirigé depuis par Henri Béhar, le centre de recherches s’intéresse à l’action surréaliste dans le domaine littéraire mais aussi dans le domaine pictural ou encore théâtral. Cette unité de recherche est à l’origine du site Mélusine, prolongation sur le web du centre de recherches.

On peut dire qu’un véritable travail d’investigation a été mené à l’échelle mondiale. En effet, on peut trouver une base de données qui se  propose de répertorier tous les artistes surréalistes, travail mené par les chercheurs Véronique Duchemin et Loic Le Bail : que ce soit au Chili ou encore en Suède, c’est une ouverture large du champ de connaissances qui s’offre à l’utilisateur. Chaque fiche d’artiste ou d’écrivain permet une vision globale mais aussi précise de son parcours: une brève présentation de l’artiste avec date de naissance et mort, ses compagn(e)ons puis ses domaines d’exercice. Ce qui est intéressant pour nous – mais aussi pour un utilisateur en quête d’une connaissance personnelle – c’est le parcours relationnel de l’artiste : en effet, une description détaillée des rencontres faites par les différents artistes nous est proposée, accompagnée de dates. De même pour les expositions, qu’elles soient personnelles ou collectives. C’est donc un travail de longue haleine qui nous est ainsi proposé en libre accès.

L’autre point intéressant de ce site, c’est la mise en ligne de versions textes des différentes revues surréalistes, ainsi que les oeuvres complètes de certains littéraires , comme Benjamin Peret, ou René Crevel. Nous avons, par exemple, accès aux numéros de la revue Litterature, fondée en 1919 par André Breton et Louis Aragon et qui publiera jusqu’en 1924. cette version texte proposée permet à l’utilisateur une recherche de vocabulaire, mais aussi une recherche en plein texte. Mais c’est surtout la mise en ligne des revues de La Révolution surréaliste qui est marquante: publiée à Paris du 1er décembre 1924 au 15 décembre 1929, cette revue sera le véhicule principal des idées surréalistes, repris par André Breton à partir du n°4.

De même, on peut trouver sur le site l’ensemble des tracts et déclarations collectives édités par les surréalistes et compilé par José Pierre en 1980.

Par ailleurs, le site de l’université Paris III regroupe un corpus de textes et de comptes-rendus publiés sur les surréalistes en général, et des artistes en particulier, ou sur des thématiques, comme le surréalisme et la mort, ou encore la mise en confrontation de deux mouvements, deux périodes, comme le futurisme et le surréalisme. A noter que ces textes sont téléchargeables au format PDF, ce qui présente un véritable avantage pour les utilisateurs.

Enfin, on peut trouver une section qui réunis tout un ensemble d’hyperliens renvoyant à d’autres sources et sites susceptibles d’intéresser l’internaute. Très complet, cette liste est néanmoins sujette à quelques petits problèmes: en effet, la dernière mise à jour de la page datant de 2008, certains hyperliens se trouvent être cassés, c’est-à-dire que les adresses URL des sites ne correspondent plus ou les sites ont simplement été supprimés.

Le centre de recherches de l’université Paris III est toujours actif, et vous trouverez ici le programme du séminaire de 2012-1013.

Le site du centre de recherche sur le surréalisme s’avère être tentaculaire et s’inscrit pleinement dans le cadre des humanités numériques: donner accès au plus large public des recherches scientifiques menées – dans notre cas – sur le surréalisme et la psychanalyse, donner accès à des documents que l’on ne peut pas ou plus accéder facilement, et cela partout dans le monde.

Coralie

« L’homme, ce rêveur définitif »

Un des thèmes majeurs et récurrents du surréalisme est sans conteste le rêve. Qu’il intervienne sous forme de roman-collage chez Max Ernst, de peinture onirique chez Dalí de récit filmique chez Luis Buñuel ou Germaine Dulac, ou d’écrit chez André Breton ou Giorgio de Chirico, le rêve se révèle être un véritable puits d’inspiration pour ces artistes.

Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu’à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924, p.5

Une nouvelle fois, les surréalistes se réfèrent aux recherches du psychanalyste Freud, qui publie en 1899 L’interprétation des rêves (une version en ligne n’étant pas disponible, nous vous redirigeons vers un ouvrage qui présente clairement et succinctement les différents points abordés par Freud dans son ouvrage). Le rêve est le lieu de représentation des désirs les plus refoulés de l’être humain sous la forme de ce que l’on appelle un contenu latent, déguisé. Ce n’est que par un travail interprétatif mené de concert entre le rêveur et le psychanalyste que le sens profond du contenu latent devient manifeste.

Le rêve est la voie royale pour accéder à l’inconscient – Freud

C’est en cela que l’article d’Áron Kibédi Varga, Peindre le rêve,  nous a semblé pertinent pour traiter de cette question. Cet article est hébergé sur le site Persée, un portail de revues scientifiques françaises et de publications spécialisées en sciences humaines et sociales. Créé et alimenté par l’ENS et le CNRS de Lyon, cette base de données peut être qualifiée d’Open-Access: elle permet effectivement la diffusion large et gratuite d’un savoir scientifique, à travers des articles qu’elle propose et qui sont téléchargeables ou tout du moins consultables librement, donc des OpenSource. L’internaute peut ainsi avoir accès à un nombre très important de revues scientifiques et de publications de chercheurs qui ont été numérisées et répertoriées par disciplines: on retrouve ainsi une catégorie art, histoire, science politique ou encore littérature.

Peindre le rêve explicite donc comment les artistes ont, du Moyen-Âge jusqu’aux surréalistes, représenter le rêve dans leur tableau. L’auteur distingue trois visions différentes offertes au spectateur:

  • le rêveur
  • le rêveur et son rêve, représentation privilégiée surtout au Moyen-Âge, qui s’apparente principalement à la représentation d’une vision. En effet, l’art de cette époque est pratiquement entièrement tourné vers le domaine du religieux, et l’onirisme est utilisé comme support de la vision du saint ou du martyr. Áron Kibédi Varga prend l’exemple, dans l’Ancien Testament, de la vision de Jacob qui rêve d’une échelle ou encore celle de Joseph quant aux gerbes de blé.
  • le rêve, qui devient à partir du XVIIIe siècle plus une représentation d’une psychologie intérieure plus qu’une vision ou qu’une prémonition, comme le souligne l’auteur. Les artistes se concentrent maintenant sur leur intériorité, et laisse place à une imagination beaucoup plus individuelle que dictée par des écrits. On commence à le percevoir dans le romantisme allemand, notamment chez Caspard David Friedrich et la rückenfigur, littéralement "figure de dos". Cela se poursuit avec l’art hongrois qui mêle avec finesse réalité et rêve.

Max ERNST (1891-1976)
Dans le bassin de Paris, Loplop, le supérieur des oiseaux, apporte aux réverbères la nourriture nocturne, 1929, Extrait de la Femme 100 têtes
Gravures découpées et collées sur papier collé sur carton, 22 x 18 cm
Paris, Musée National d’Art Moderne ©

C’est à travers trois figures majeures du mouvement surréaliste que Áron Kibédi Varga va traiter le rapport de ce mouvement au rêve: Salvador Dalí, Giorgio de Chirico et Max Ernst. L’auteur démontre de manière très claire les différents traitements du matériau brut fournit par le rêve de ces artistes. Déplorant une analyse impossible de ce contenu latent qui reste hermétique au spectateur, l’auteur arrive cependant à livrer quelques clés d’une interprétation – qui reste partielle malheureusement – de ces oeuvres qui nous semblent si connues en tant qu’amateur d’art mais pourtant insaisissable quant à leur essence même.

En définitive, cet article offre une mise en perspective de la représentation historique du rêve au sein de l’art, et montre bien comment – à travers les siècles – les artistes sont passés d’une représentation visuelle d’un onirisme tenant plus de la vision et de la prémonition à un véritable dévoilement d’une psychologie et d’un imaginaire intérieur et personnel.

Coralie

UbuWeb – « Les droits d’auteurs ? On s’en fout ! »

UbuWeb est un site fondé en 1996 par le new-yorkais Kenneth Goldsmith, poète et enseignant. Ce site constitue une véritable mine d’or pour toute personne – amatrice ou professionnelle – s’intéressant de près ou de loin à l’art, et plus particulière à l’art des avant-gardes occidentales. Ce fonds d’archives recense aussi bien des vidéos, des interviews, des écrits d’artistes et sur les artistes, des sons. C’est un panel de ressources qui s’offre ainsi à l’utilisateur, et cela gratuitement. En effet, UbuWeb n’a aucune pensée commerciale dans sa démarche: les archives sont en libre accès, consultables et parfois téléchargeables, et ajoutées bénévolement pour alimenter le site qui ne fait que rallonger son catalogue de ressources. Et c’est aussi ce qui fait son côté contestataire et provocateur: les archives proposées à l’internaute ne sont pas toutes libres de droit, ce qui soulève aussi la question de leur inaccessibilité par les voies traditionnelles (je recommande très fortement l’interview de Keneeth Goldsmith dans l’émission radio Les Passagers de la nuit sur France Culture du 25 mars 2011 si le cas vous intéresse).

Le site se compose donc de plusieurs catégories, en rapport avec les différentes ressources mises à dispositions: les vidéos, les sons, les écrits, etc. Une navigation par noms d’artistes ou d’auteurs s’affiche et permet une redistribution facile et efficace des ressources en ligne.

Ce site nous intéresse particulièrement dans notre étude car on y trouve différentes ressources quant aux artistes surréalistes: les Conversations de Dalí recueillies par Alain Bosquet, qui datent de 1969 ; une adaptation cinématographique du roman-collage La femme 100 têtes de Max Ernst paru en 1929 par Eric Duvivier (1969) ; des interviews sonores de René Magritte qui explique les raisons de sa peinture.

Mais il est aussi question de films surréalistes sur UbuWeb: c’est le cas pour le long-métrage de Germaine Dulac, La coquille et le clergyman de 1926, qui dure une trentaine de minutes ou bien L’étoile de mer de 1928 de Man Ray qui fait dix-sept minutes. Bien sûr, d’autres films plus emblématiques du cinéma surréaliste – comme Un chien andalou de Luis Buñuel et Salvador Dalí qui date de 1929 ou bien L’âge d’or de Luis Buñuel de 1930 -  sont visibles dans leur intégralité, mais sur une autre plate-forme de distribution.

Coralie

Freud, pour un art surréaliste?

Que la psychanalyse ait influencé de près ou de loin le surréalisme semble tout à fait justifié, mais Freud s’est-il aussi intéréssé à cette discipline?

Il semble judicieux d’évoquer l’article "Freud et l’art contemporain : de Dali à Nebreda" de Frédérik Aubourg pour exprimer le rapport tumultueux qu’entretenait Freud avec les artistes qui lui étaient contemporains en général, et les surréalistes en particulier.

Cet article est disponible sur le site Cairn.info, issu de la collaboration de quatre maisons d’éditions (Belin, De Boeck, La Découverte et Erès), qui proposent une mise à disposition en ligne et pour tous d’une version électronique d’articles de chercheurs parus dans des revues scientifiques et de sciences humaines. Ce site permet donc une visibilité sur internet des travaux de chercheurs qui souhaitent en rendre l’accès public et à tous, et participe de cette envie de diffuser un savoir gratuitement.

Cet article de Frédérik Aubourg, publié initialement dans la revue n°7 de Figures de la psychanalyse en 2007 explique de manière très claire comment les surréalistes, inspirés pourtant directement des travaux du théoricien de la psychanalyse, ne trouvent pas grâce à ses yeux. Il démontre que ce qui intéresse Freud, c’est la sensation que produit une oeuvre sur le spectateur. Frédérik Aubourg souligne aussi très bien que le psychanalyste cherche à valider et appuyer ses théories sur la sexualité infantile et le rêve à travers l’interprétation des oeuvres (ce que l’on retrouve notamment dans son écrit sur Léonard de Vinci). Le principal reproche de Freud adressé aux surréalistes est leur désir intarissable de dompter l’inconscient, à travers la figure du rêve notamment, alors qu’il est – selon Freud – insaisissable par essence.

Après des échanges avec André Breton, Dalí rencontrera finalement Freud le 19 juillet 1938 à Londres, emmenant avec lui La métamorphose de Narcisse, 1937, premier tableau obtenu avec la méthode paranoïa-critique mise au point par l’artiste. Frédérik Aubourg s’intéresse ensuite à la représentation de ce Narcisse, ce qu’il évoque à Dalí qui en est l’auteur, et ce qu’il renvoie à la vie du spectateur, en l’occurrence Freud. L’auteur de cet article montre bien combien les enjeux soulevés par la vue de ce tableau, combinés aux préjugés du psychanalyste quant à l’art surréaliste, ont amené à un rejet total de cet art qui lui était contemporain et en quelque sorte redevable de ses recherches.

Rédigé de façon très lisible et dans un langage accessible à tous, l’article - bien qu’un peu long - offre bon nombre de références au lecteur qui permettent une recherche plus approfondie  si nous le souhaitons. Par ailleurs, le site offre la possibilité d’enregistrer l’article sous format PDF,  et propose toute une liste d’articles susceptibles d’intéresser le lectorat sur la base d’un sujet similaire. Il y a combinaison d’un savoir scientifique qui se veut accessible au plus grand nombre et d’une démarche collective qui tend à rendre effectif ce leitmotiv.

Coralie

huile sur toile, 51,1 x 78,1 cmLondres, Tate Gallery ©

Salvador DALÍ (1904 – 1989)
Métamorphose de Narcisse, 1937
Huile sur toile, 51,1 x 78,1 cm
Londres, Tate Gallery ©

L’art, psychologisation de l’âme ?

De tout temps, l’art a été considéré comme un support propice à l’expression d’un émoi de l’âme.  Sa toile blanche et sa palette de couleurs permettent à l’artiste de matérialiser sa furie, un trouble, une angoisse, un rêve, ou bien un désir quelconque selon un ordre conçu et arrangé. Si l’histoire de l’art a longtemps été conçue comme une discipline appréhendée par des déterminismes sociaux, politiques et historiques, elle est aussi le témoin d’une certaine psychologie implicite ou explicitée. Tandis que les écoles formalistes défendent une théorisation de l’œuvre comme forme tangible, dénuée de sens extérieur aux caractères intrinsèques de l’œuvre elle-même, de nombreux théoriciens s’attachent à cette fibre singulière qui participe à la construction (ou conception) d’une œuvre d’art. Une valeur psychologique permettrait d’élucider des choix et des processus appliqués à l’élaboration de l’œuvre, de d’en déduire un sens nouveau.

« Trouver le rapport entre les impressions de l’enfance et la destinée de l’artiste d’un côté et ses œuvres comme réactions à ces stimulations d’autre part, appartient à l’objet le plus attirant de l’examen analytique » — Freud

C’est la version numérisée du livre " Freud and the Visual Arts " de Donald Kupsit qui nous explique un tel rapport entre la psychanalyse et la lecture de l’oeuvre. Ce volume de 15 pages nous explique comment considérer l’art comme un symptôme, un exercice de la conscience qui cherche à se métamorphoser. L’esprit prend le dessus et dirige la main de l’artiste au long de son processus. C’est là qu’on peut introduire la notion de sublimation, véritable notion freudienne qui consiste à la déviation d’une pulsion (souvent sexuelle) vers un but plus noble et socialement valorisé. Des artistes surréalistes tels que Magritte et Dali investissent dans ce champ et font de leurs peintures & sculptures de véritable métaphores subconscientes. Rejetant le beau et toutes les valeurs esthétiques reçues, ils offrent au spectateur et à l’Homme la clef de l’imagination et du rêve. On regrettera malheureusement le fait que le site BookCS.org, la plateforme sur laquelle l’ouvrage numérisé est mis en ligne, semble bien être un site pirate.

Cette vidéo ci-dessous, véritable pépite, nous provient du site de l’Institut national de l’audiovisuelElle date du 8 Janvier 1978 et s’intitule Salvador Dali: Freud, l’hyperréalisme métaphysique. C’est un interview entre un journaliste qui reste anonyme, et l’artiste surréaliste Dali, qui exprime son admiration pour Freud, et témoigne du rapport établis précédemment entre les deux hommes. Cette précieuse ressource qui s’offre à nous grâce à l’INA en 2013, permet d’appuyer cette corrélation entre le monde de l’art et le monde de la psychanalyse.

Charlotte