L’art, psychologisation de l’âme ?

De tout temps, l’art a été considéré comme un support propice à l’expression d’un émoi de l’âme.  Sa toile blanche et sa palette de couleurs permettent à l’artiste de matérialiser sa furie, un trouble, une angoisse, un rêve, ou bien un désir quelconque selon un ordre conçu et arrangé. Si l’histoire de l’art a longtemps été conçue comme une discipline appréhendée par des déterminismes sociaux, politiques et historiques, elle est aussi le témoin d’une certaine psychologie implicite ou explicitée. Tandis que les écoles formalistes défendent une théorisation de l’œuvre comme forme tangible, dénuée de sens extérieur aux caractères intrinsèques de l’œuvre elle-même, de nombreux théoriciens s’attachent à cette fibre singulière qui participe à la construction (ou conception) d’une œuvre d’art. Une valeur psychologique permettrait d’élucider des choix et des processus appliqués à l’élaboration de l’œuvre, de d’en déduire un sens nouveau.

« Trouver le rapport entre les impressions de l’enfance et la destinée de l’artiste d’un côté et ses œuvres comme réactions à ces stimulations d’autre part, appartient à l’objet le plus attirant de l’examen analytique » — Freud

C’est la version numérisée du livre  » Freud and the Visual Arts «  de Donald Kupsit qui nous explique un tel rapport entre la psychanalyse et la lecture de l’oeuvre. Ce volume de 15 pages nous explique comment considérer l’art comme un symptôme, un exercice de la conscience qui cherche à se métamorphoser. L’esprit prend le dessus et dirige la main de l’artiste au long de son processus. C’est là qu’on peut introduire la notion de sublimation, véritable notion freudienne qui consiste à la déviation d’une pulsion (souvent sexuelle) vers un but plus noble et socialement valorisé. Des artistes surréalistes tels que Magritte et Dali investissent dans ce champ et font de leurs peintures & sculptures de véritable métaphores subconscientes. Rejetant le beau et toutes les valeurs esthétiques reçues, ils offrent au spectateur et à l’Homme la clef de l’imagination et du rêve. On regrettera malheureusement le fait que le site BookCS.org, la plateforme sur laquelle l’ouvrage numérisé est mis en ligne, semble bien être un site pirate.

Cette vidéo ci-dessous, véritable pépite, nous provient du site de l’Institut national de l’audiovisuelElle date du 8 Janvier 1978 et s’intitule Salvador Dali: Freud, l’hyperréalisme métaphysique. C’est un interview entre un journaliste qui reste anonyme, et l’artiste surréaliste Dali, qui exprime son admiration pour Freud, et témoigne du rapport établis précédemment entre les deux hommes. Cette précieuse ressource qui s’offre à nous grâce à l’INA en 2013, permet d’appuyer cette corrélation entre le monde de l’art et le monde de la psychanalyse.

Charlotte

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