Introduction

I –   « Le surréalisme, c’est le règne de l’imaginaire »

Qu’est-ce que le surréalisme ?  Dans quels domaines s’épanouit-il ? Où est-il né ?

Plus qu’une nouvelle école littéraire et plus qu’une révolution artistique,  le surréalisme est d’abord un courant qui s’apparente à une doctrine morale & esthétique. Modelé par un état d’esprit original, le surréalisme est une véritable aventure historique et collective. Celui-ci traverse de nombreuses frontières et continents en passant par des zones clés telles que Paris, Bruxelles, Berlin, Vienne, Zurich, Barcelone, mais encore New York et Mexico City.

Le surréalisme naît des cendres d’une stratégie jugée trop nihiliste qu’incarne le mouvement dadaïste. Suivant les traces Duchampiennes, le surréalisme s’empreint d’une tonalité ironique, mêlant humour et dérision, et poursuit un conceptualisme déjà en germe. Le surréalisme y puise et reprend l’idée de primauté du hasard et de l’imprévu, mais s’appuie en particulier sur les leçons de la psychanalyse naissante en revendiquant d’autres forces émergentes : l’imaginaire, l’inconscient, etc.

A ce jour, le terme même de surréaliste est un adjectif qui qualifierais une chose curieuse, bizarre et peu commune, qui tend vers l’extravagance, l’absurde et qui définirais parfois même une chose stupide ou aberrante. Plus qu’une simple sottise farfelue, le surréalisme se joue de convenances et emploi la manière enfantine de l’humour et de la créativité. Assimilant des éléments immiscibles, fabriquant des métamorphoses déconcertantes, le surréalisme renie le règne absolu de la raison et prône la toute-puissance de l’imagination.

S’épanouissant au travers de plusieurs genres – poésie, littérature, cinéma, photographie et arts visuels – le surréalisme apporte surtout un regard nouveau sur les choses et objets environnants. Sa philosophie permet dès lors de bouleverser un rapport signifiant-signifié pré-établi et utilitariste. Les objets sortent de leurs définitions étroites dictées par un quelconque dictionnaire et prennent des formes poétiques et délirantes. Véhicule du cognitif, l’art surréaliste a pour désir d’ouvrir des portes closes qui donnent accès aux domaines de la pensée les plus refoulés, obscurs, inconnus et tabous.

II – « Le rêve est la voie royale pour accéder à l’inconscient »

La paternité de cette nouvelle discipline qu’est la psychanalyse, et qui émerge dans la Vienne de la fin du XIXe siècle, est attribuée à Sigmund Freud. Il aurait, selon lui, infligé une troisième blessure à l’ego de l’être humain, après Copernic et Darwin:

« Le moi de l’être humain n’est pas maître dans sa propre maison »

Balayées les convictions d’un homme qui a le contrôle total de ses actes et de son corps. C’est une toute nouvelle conception du psychisme de l’être humain que Freud va mettre en place au cours de ses recherches, à commencer par la découverte d’une entité insoupçonnée jusque là: l’inconscient. Il est vrai qu’avant Freud, on parlait déjà d’inconscient, ou d’une forme s’y apparentant, comme le fait le philosophe allemand Arthur Schopenhauer, mais sur un plan métaphysique. Ce qui est nouveau ici, c’est la scission du psychisme humain entre conscient et inconscient.

Les désirs de chaque être humain les plus contradictoires avec la morale du sujet ou de la société sont refoulés dans l’inconscient, et constituent ainsi une sorte de réservoir de pulsions inaccessibles au Moi conscient de l’individu. Ce refoulement du désir s’exprime de différentes façons, à travers des symptômes somatiques (relatifs au corps, comme l’hystérie ou la paralysie) ou bien des symptômes psychiques (la névrose obsessionnelle). Mais c’est le rêve qui reste la source importante de connaissances de l’inconscient chez l’être humain, puisqu’il réalise, de manière déguisée, nos désirs les plus refoulés.

Il était donc inévitable que les artistes surréalistes s’intéressent à cette discipline, qui ne cessa de se développer encore au cours du XXe. Prônant une libération du sujet, un inconscient pulsionnel connu et assumé, c’est à partir et par la psychanalyse que le surréalisme a établi les caractéristiques formelles de son expression plastique et ses thèmes récurrents – du rêve, de la sexualité, etc.- et instaurant, comme pour la psychanalyse, ses propres méthodes de recherches et de création, comme l’écriture automatique chez André Masson ou la méthode paranoïaque-critique de Dalí, à l’égal de l’association libre de Freud.

Charlotte & Coralie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s