L’influence du surréalisme sur la psychanalyse

Depuis quelques années, beaucoup d’outils numériques ont été créés et mis en place dans le but d’un élargissement du savoir scientifique et des publications au grand public, notamment à travers la numérisation de textes papiers pour permettre une visibilité sur internet et une accessibilité facilitée pour les utilisateurs. C’est dans ce cadre que l’interface GoogleBooks nous est apparue particulièrement intéressante : mis en place en 2004 par Google, GoogleBooks compile un panel considérable d’ouvrages, en consultation libre pour certains voire même en téléchargement lorsque ceux-ci sont libres de droit. L’utilisateur peut aussi se constituer sa propre bibliothèque, et tout cela sans quitter son bureau. C’est tout un nouveau champs de possibilités qui s’offre désormais aux chercheurs, d’une part, qui peuvent maintenant s’offrir une visibilité certaine sur internet, mais aussi pour les étudiants, dont les recherches ne dépendent plus seulement des supports papiers et des bibliothèques, tout comme pour le plus large public qui a aussi accès à ces informations.

C’est ainsi que nos recherches nous ont mené jusqu’à l’ouvrage de Paolo Scopelliti, L’influence du surréalisme sur la psychanalyse (Paris, Ed. L’âge d’Homme, 2002). Publication des Cahiers Mélusine, issus du Centre de Recherche sur le Surréalisme de Paris III Sorbonne-Nouvelle que nous avons dans un article précédent, cet ouvrage se trouve être en libre accès sur GoogleBooks. Dans cet ouvrage, Paolo Scopelliti revient sur les conditions de naissance du surréalisme, et comment, par une mutuelle interpénétration, le surréalisme et la psychanalyse ont su s’inspirer et se modeler l’une l’autre.

En plus d’offrir une accessibilité facilité à cette publication scientifique, la numérisation des ouvrages textes par l’interface GoogleBooks permet à l’utilisateur d’effectuer une recherche plein-texte, c’est-à-dire de rechercher un mot ou une expression particulière dans l’ouvrage et d’en ressortir la pertinence : le travail des utilisateurs s’en trouve abrégé, puisqu’il permet de trouver plus rapidement les éléments potentiellement intéressants pour lui. Par ailleurs, un accès direct par chapitres est aussi disponible dans les outils de l’interface. Il faut cependant souligner que certaines numérisations ne sont disponibles que partiellement. En effet, et c’est le cas pour notre ouvrage, certaines pages ou sections manquent. Malgré ce détail – non négligeable certes – GoogleBooks permet une avancée majeure pour les humanités numériques.

Coralie

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Mélusine

L’université de Paris III Sorbonne-Nouvelle est à l’origine d’un Centre de Recherches sur le Surréalisme. Créé en 1971 et dirigé depuis par Henri Béhar, le centre de recherches s’intéresse à l’action surréaliste dans le domaine littéraire mais aussi dans le domaine pictural ou encore théâtral. Cette unité de recherche est à l’origine du site Mélusine, prolongation sur le web du centre de recherches.

On peut dire qu’un véritable travail d’investigation a été mené à l’échelle mondiale. En effet, on peut trouver une base de données qui se  propose de répertorier tous les artistes surréalistes, travail mené par les chercheurs Véronique Duchemin et Loic Le Bail : que ce soit au Chili ou encore en Suède, c’est une ouverture large du champ de connaissances qui s’offre à l’utilisateur. Chaque fiche d’artiste ou d’écrivain permet une vision globale mais aussi précise de son parcours: une brève présentation de l’artiste avec date de naissance et mort, ses compagn(e)ons puis ses domaines d’exercice. Ce qui est intéressant pour nous – mais aussi pour un utilisateur en quête d’une connaissance personnelle – c’est le parcours relationnel de l’artiste : en effet, une description détaillée des rencontres faites par les différents artistes nous est proposée, accompagnée de dates. De même pour les expositions, qu’elles soient personnelles ou collectives. C’est donc un travail de longue haleine qui nous est ainsi proposé en libre accès.

L’autre point intéressant de ce site, c’est la mise en ligne de versions textes des différentes revues surréalistes, ainsi que les oeuvres complètes de certains littéraires , comme Benjamin Peret, ou René Crevel. Nous avons, par exemple, accès aux numéros de la revue Litterature, fondée en 1919 par André Breton et Louis Aragon et qui publiera jusqu’en 1924. cette version texte proposée permet à l’utilisateur une recherche de vocabulaire, mais aussi une recherche en plein texte. Mais c’est surtout la mise en ligne des revues de La Révolution surréaliste qui est marquante: publiée à Paris du 1er décembre 1924 au 15 décembre 1929, cette revue sera le véhicule principal des idées surréalistes, repris par André Breton à partir du n°4.

De même, on peut trouver sur le site l’ensemble des tracts et déclarations collectives édités par les surréalistes et compilé par José Pierre en 1980.

Par ailleurs, le site de l’université Paris III regroupe un corpus de textes et de comptes-rendus publiés sur les surréalistes en général, et des artistes en particulier, ou sur des thématiques, comme le surréalisme et la mort, ou encore la mise en confrontation de deux mouvements, deux périodes, comme le futurisme et le surréalisme. A noter que ces textes sont téléchargeables au format PDF, ce qui présente un véritable avantage pour les utilisateurs.

Enfin, on peut trouver une section qui réunis tout un ensemble d’hyperliens renvoyant à d’autres sources et sites susceptibles d’intéresser l’internaute. Très complet, cette liste est néanmoins sujette à quelques petits problèmes: en effet, la dernière mise à jour de la page datant de 2008, certains hyperliens se trouvent être cassés, c’est-à-dire que les adresses URL des sites ne correspondent plus ou les sites ont simplement été supprimés.

Le centre de recherches de l’université Paris III est toujours actif, et vous trouverez ici le programme du séminaire de 2012-1013.

Le site du centre de recherche sur le surréalisme s’avère être tentaculaire et s’inscrit pleinement dans le cadre des humanités numériques: donner accès au plus large public des recherches scientifiques menées – dans notre cas – sur le surréalisme et la psychanalyse, donner accès à des documents que l’on ne peut pas ou plus accéder facilement, et cela partout dans le monde.

Coralie

UbuWeb – « Les droits d’auteurs ? On s’en fout ! »

UbuWeb est un site fondé en 1996 par le new-yorkais Kenneth Goldsmith, poète et enseignant. Ce site constitue une véritable mine d’or pour toute personne – amatrice ou professionnelle – s’intéressant de près ou de loin à l’art, et plus particulière à l’art des avant-gardes occidentales. Ce fonds d’archives recense aussi bien des vidéos, des interviews, des écrits d’artistes et sur les artistes, des sons. C’est un panel de ressources qui s’offre ainsi à l’utilisateur, et cela gratuitement. En effet, UbuWeb n’a aucune pensée commerciale dans sa démarche: les archives sont en libre accès, consultables et parfois téléchargeables, et ajoutées bénévolement pour alimenter le site qui ne fait que rallonger son catalogue de ressources. Et c’est aussi ce qui fait son côté contestataire et provocateur: les archives proposées à l’internaute ne sont pas toutes libres de droit, ce qui soulève aussi la question de leur inaccessibilité par les voies traditionnelles (je recommande très fortement l’interview de Keneeth Goldsmith dans l’émission radio Les Passagers de la nuit sur France Culture du 25 mars 2011 si le cas vous intéresse).

Le site se compose donc de plusieurs catégories, en rapport avec les différentes ressources mises à dispositions: les vidéos, les sons, les écrits, etc. Une navigation par noms d’artistes ou d’auteurs s’affiche et permet une redistribution facile et efficace des ressources en ligne.

Ce site nous intéresse particulièrement dans notre étude car on y trouve différentes ressources quant aux artistes surréalistes: les Conversations de Dalí recueillies par Alain Bosquet, qui datent de 1969 ; une adaptation cinématographique du roman-collage La femme 100 têtes de Max Ernst paru en 1929 par Eric Duvivier (1969) ; des interviews sonores de René Magritte qui explique les raisons de sa peinture.

Mais il est aussi question de films surréalistes sur UbuWeb: c’est le cas pour le long-métrage de Germaine Dulac, La coquille et le clergyman de 1926, qui dure une trentaine de minutes ou bien L’étoile de mer de 1928 de Man Ray qui fait dix-sept minutes. Bien sûr, d’autres films plus emblématiques du cinéma surréaliste – comme Un chien andalou de Luis Buñuel et Salvador Dalí qui date de 1929 ou bien L’âge d’or de Luis Buñuel de 1930 –  sont visibles dans leur intégralité, mais sur une autre plate-forme de distribution.

Coralie