Freud, pour un art surréaliste?

Que la psychanalyse ait influencé de près ou de loin le surréalisme semble tout à fait justifié, mais Freud s’est-il aussi intéréssé à cette discipline?

Il semble judicieux d’évoquer l’article « Freud et l’art contemporain : de Dali à Nebreda » de Frédérik Aubourg pour exprimer le rapport tumultueux qu’entretenait Freud avec les artistes qui lui étaient contemporains en général, et les surréalistes en particulier.

Cet article est disponible sur le site Cairn.info, issu de la collaboration de quatre maisons d’éditions (Belin, De Boeck, La Découverte et Erès), qui proposent une mise à disposition en ligne et pour tous d’une version électronique d’articles de chercheurs parus dans des revues scientifiques et de sciences humaines. Ce site permet donc une visibilité sur internet des travaux de chercheurs qui souhaitent en rendre l’accès public et à tous, et participe de cette envie de diffuser un savoir gratuitement.

Cet article de Frédérik Aubourg, publié initialement dans la revue n°7 de Figures de la psychanalyse en 2007 explique de manière très claire comment les surréalistes, inspirés pourtant directement des travaux du théoricien de la psychanalyse, ne trouvent pas grâce à ses yeux. Il démontre que ce qui intéresse Freud, c’est la sensation que produit une oeuvre sur le spectateur. Frédérik Aubourg souligne aussi très bien que le psychanalyste cherche à valider et appuyer ses théories sur la sexualité infantile et le rêve à travers l’interprétation des oeuvres (ce que l’on retrouve notamment dans son écrit sur Léonard de Vinci). Le principal reproche de Freud adressé aux surréalistes est leur désir intarissable de dompter l’inconscient, à travers la figure du rêve notamment, alors qu’il est – selon Freud – insaisissable par essence.

Après des échanges avec André Breton, Dalí rencontrera finalement Freud le 19 juillet 1938 à Londres, emmenant avec lui La métamorphose de Narcisse, 1937, premier tableau obtenu avec la méthode paranoïa-critique mise au point par l’artiste. Frédérik Aubourg s’intéresse ensuite à la représentation de ce Narcisse, ce qu’il évoque à Dalí qui en est l’auteur, et ce qu’il renvoie à la vie du spectateur, en l’occurrence Freud. L’auteur de cet article montre bien combien les enjeux soulevés par la vue de ce tableau, combinés aux préjugés du psychanalyste quant à l’art surréaliste, ont amené à un rejet total de cet art qui lui était contemporain et en quelque sorte redevable de ses recherches.

Rédigé de façon très lisible et dans un langage accessible à tous, l’article – bien qu’un peu long – offre bon nombre de références au lecteur qui permettent une recherche plus approfondie  si nous le souhaitons. Par ailleurs, le site offre la possibilité d’enregistrer l’article sous format PDF,  et propose toute une liste d’articles susceptibles d’intéresser le lectorat sur la base d’un sujet similaire. Il y a combinaison d’un savoir scientifique qui se veut accessible au plus grand nombre et d’une démarche collective qui tend à rendre effectif ce leitmotiv.

Coralie

huile sur toile, 51,1 x 78,1 cmLondres, Tate Gallery ©

Salvador DALÍ (1904 – 1989)
Métamorphose de Narcisse, 1937
Huile sur toile, 51,1 x 78,1 cm
Londres, Tate Gallery ©

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